Vitamine C (acide ascorbique)

Caractéristiques

L’acide ascorbique est une poudre cristalline blanche chimiquement proche du glucose. La plupart des animaux et des plantes la fabriquent Ă  partir du glucose exceptĂ©s les hommes, les singes, les cochons d’Inde, les truites et saumons.

Elle est soluble dans l’eau plus difficilement dans l’alcool et pas du tout dans l’Ă©ther ou le chloroforme.

Les additifs alimentaires correspondant Ă  la vitamine C sont les additifs E 300 et E 301.

La vitamine C est extrĂŞmement sensible :

  • A l’oxygène de l’air. Elle s’altère rapidement pendant le stockage et la prĂ©paration des aliments. Cette sensibilitĂ© augmente encore :
    • Ă  tempĂ©rature Ă©levĂ©e
    • en prĂ©sence d’enzymes
    • Ă  la lumière
    • en prĂ©sence de mĂ©taux, fer, cuivre (la prĂ©paration des confitures dans des bassines en cuivre est une erreur)
  • A la chaleur. La cuisson des aliments dĂ©truit la vitamine C d’autant plus qu’elle se prolonge. Il faut compter une perte de 30 Ă  50% en ce qui concerne la cuisson Ă  l’eau ou Ă  la vapeur, une perte de 35% pour la cuisson sous vide. La vitamine C est relativement bien conservĂ©e dans les conserves, les bocaux, les surgelĂ©s par rapport Ă  l’Ă©tal des primeurs
  • A l’ionisation et au pH neutre ou alcalin. Elle n’aime que le pH acide.
  • A la pasteurisation. La pasteurisation dĂ©truit 20% de la vitamine C du lait et la stĂ©rilisation beaucoup plus ! c’est pourquoi le lait des nourrissons est enrichi en vitamine C.

RĂ´le

La vitamine C est un puissant anti- oxydant : L’oxydation est un processus nĂ©cessaire Ă  l’assimilation de la nourriture, au fonctionnement des organes et du système immunitaire. Mais quand elle est effrĂ©nĂ©e elle crĂ©e plus de dommages que de bĂ©nĂ©fices : c’est lĂ  qu’intervient les mĂ©canismes de dĂ©fense anti-oxydants.

La vitamine C bloque la production de radicaux libres, elle protège les acides gras insaturĂ©s de la membrane des cellules et agit directement Ă  l’intĂ©rieur des cellules et indirectement en rĂ©gĂ©nĂ©rant la vitamine E, principal anti- oxydant de la membrane cellulaire.

La vitamine C stimule la synthèse et l’entretient du collagène et, par consĂ©quent, la rĂ©sistance et la santĂ© de tous les tissus dans lequel celui- ci est impliquĂ© : peau, cartilages, ligaments, parois des vaisseaux sanguins, dents, os.

Elle participe Ă  la synthèse de certains neurotransmetteurs comme la noradrĂ©naline, impliquĂ©e dans l’Ă©veil, la concentration, l’attention, les situations de stress.

Elle est nĂ©cessaire aux dĂ©fenses anti-infectieuses. Sa concentration dans les globules blancs est 40 Ă  60 fois supĂ©rieure Ă  celle du plasma, ces rĂ©serves sont rapidement Ă©puisĂ©es en cas de maladie, d’infection, de choc traumatique, de cancer, de diabète, de corticothĂ©rapie et mĂŞme de grossesse.

Elle rĂ©duit les rĂ©actions allergiques en diminuant le taux d’histamine dans le sang.

Elle réduit la nocivité des métaux toxiques que sont le plomb, le nickel, le cadmium en favorisant leur élimination.

Elle favorise l’absorption du fer et influence sa rĂ©partition dans l’organisme, mais en excès, elle inhibe celle du cuivre.

Elle intervient dans la conversion du cholestĂ©rol en acides biliaires. Il faut savoir que cette conversion est la principale voie utilisĂ©e par l’organisme pour se dĂ©barrasser du cholestĂ©rol en excès. On connaĂ®t mal son mode d’action, mais il existe une relation Ă©troite entre la quantitĂ© de vitamine C prĂ©sente dans le foie et la rapiditĂ© avec laquelle ce dernier transforme le cholestĂ©rol en acides biliaires.

Elle contribue par un mode d’action proche de celui qui vient d’ĂŞtre dĂ©crit, Ă  la dĂ©gradation de substances toxiques comme les polluants et les mĂ©dicaments, et Ă  leur Ă©limination urinaire.

Elle augmente le potentiel d’action de l’acide folique (vit. B9) : la vitamine C empĂŞche le THC (forme active de la B9) d’ĂŞtre oxydĂ©e et d’ĂŞtre rejetĂ©e par le corps.

Elle continue Ă  maintenir sous sa forme active le glutathion, principal protecteur de l’organisme contre les polluants.

Elle favorise la synthèse hĂ©patique de la carnitine, substance organique qui intervient dans l’oxydation des acides gras fournissant l’Ă©nergie nĂ©cessaire Ă  l’effort musculaire.

Elle favorise la synthèse des catécholamines, hormones surrénaliennes qui jouent un rôle essentiel en cas de stress ; elle renforce le tonus et permet de mieux affronter la fatigue.

Besoins

C’est la vitamine dont l’organisme a les besoins quantitatifs les plus Ă©levĂ©s, ils sont d’autant plus importants que l’ĂŞtre humain ne peut la synthĂ©tiser.

L’apport journalier moyen est de 60 Ă  200 mg

Sources en mg pour 100g

  • Cerise acĂ©rola 1745
  • Baie d’Ă©glantier 1250
  • Coriandre (feuilles sĂ©chĂ©es) 570
  • Piments rouges (crus) 370
  • Goyave 275
  • Piments verts (crus) 235
  • Jus de citron concentrĂ© 230
  • Jus d’orange concentrĂ© 230
  • Persil (frais) 170
  • Cassis 160
  • Jus de pamplemousse concentrĂ© 140
  • Paprika 140
  • Kiwi 100
  • Fenouil 95
  • Papaye 80
  • Chou fleur (frais, cru) 75
  • Chou de Bruxelles (frais, cuit) 70
  • Brocoli (frais, cuit) 60
  • Fraise 55
  • Orange 55
  • Citron 55
  • Cresson 50
  • Mangue 40
  • Pamplemousse 35
  • Groseille 35
  • Framboise 30
  • Radis 25
  • Fruits de la passion 25
  • Epinards (frais, cuits) 20
  • Tomate (fraĂ®che, crue) 20
  • Myrtilles 20
  • Melon 20
  • MĂ»re 15
  • Pousses de soja 15
  • Abricot 10
  • Cerise 10
  • Raisin 10
  • Prune 5

Carences

(voir l’ historique sur la vitamine C)

Signes cliniques

Déficits aigus

  • Fatigue, lĂ©thargie
  • Douleurs articulaires et osseuses
  • AnĂ©mie
  • DĂ©fauts de cicatrisation et de calcification

Si la carence n’est pas corrigĂ©e : scorbut

  • Oedèmes distaux
  • Gingivite avec hĂ©morragie puis perte des dents
  • HĂ©morragies cutanĂ©es
  • Tachycardie, dyspnĂ©e
  • Gangrène

Carences partielles

  • Tendance au saignement et Ă  l’inflammation des gencives
  • Tendance aux ecchymoses
  • SusceptibilitĂ© accrue aux infections
  • Fatigue
  • Retard de cicatrisation
  • Risque accru de pathologies dĂ©gĂ©nĂ©ratives (ostĂ©oporose, pathologies cardiovasculaires, cancers, cataracte)

Groupes à risques et personnes pouvant bénéficier de suppléments

  • Personnes âgĂ©es
  • Fumeurs
  • Alcooliques chroniques
  • Femmes enceintes et allaitantes
  • Femmes sous contraceptifs oraux
  • Asthmatiques
  • DiabĂ©tiques
  • Sujets atteints de cancer
  • Sujets atteints de maladies gastro- intestinales
  • Sportifs
  • Personnes sujettes Ă  des infections Ă  rĂ©pĂ©titions ou subissant une infection.

Excès

L’effet secondaire principal d’un excès de vitamine C est la diarrhĂ©e. La vitamine C n’est pas toxique.

Remarques

L’E300, additif utilisĂ© pour protĂ©ger les denrĂ©es alimentaires, n’est autre que la vitamine C utilisĂ©e comme anti-oxydant. L’E300 inhibe le brunissement des fruits coupĂ©s non traitĂ©s, de leur pulpe et de leur jus. Il amĂ©liore la qualitĂ© de la farine, il prĂ©serve la couleur rouge de la viande.

La vitamine C est administrée :

  • Ă  doses nutritionnelles (100-500mg par jour) :
    • pour supplĂ©menter une alimentation dĂ©sĂ©quilibrĂ©e ou insuffisante
    • pour combler une carence d’absorption ou d’utilisation
  • Ă  doses pharmacologiques (> 500mg par jour) :
    • aux individus dont les besoins spĂ©cifiques sont augmentĂ©s (voir groupes Ă  risques)
    • pour stimuler le système immunitaire en prĂ©vention des infections ORL de l’hiver ou lorsque les dĂ©fenses anti-infectieuses sont affaiblies (voir groupes Ă  risques)
    • dans le syndrome de fatigue chronique post-infectieuse qui associe Ă  une dĂ©pression immunitaire une fatigue intense
    • lors d’une infection aiguĂ« et plus particulièrement une infection virale (grippe, varicelle, oreillons, herpès, MNI…)
    • pour stimuler la synthèse du collagène et favoriser ainsi la rĂ©paration et la cicatrisation des plaies traumatiques, chirurgicales, des escarres, des engelures, des gencives
    • pour stimuler aussi la cicatrisation de la cornĂ©e et du cristallin dans les cataractes
    • en dermatologie en cas d’acnĂ©, de furonculose et de folliculite
    • en allergologie, plus particulièrement dans la rhinite et l’asthme, en prĂ©vention de l’athĂ©rosclĂ©rose (action sur le mĂ©tabolisme des lipides)
    • dans certains cancers : prĂ©vention et rĂ©duction du dĂ©veloppement
    • en perfusion, comme traitement symptomatique et complĂ©mentaire des intoxications aiguĂ«s par des substances dites mĂ©thĂ©moglobinisantes (la mĂ©thĂ©moglobine est un composĂ©e stable d’hĂ©moglobine et d’oxygène, celui-ci ne peux plus ĂŞtre cĂ©dĂ© aux tissus qui sont asphyxiĂ©s)
    • en perfusion, comme traitement d’infections virale (zona hĂ©patite) ou du syndrome de fatigue post-infectieuse

 

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